Présentation architecturale et scénographique

"Repousser les murs"
 

Soucieuse d’élargir le public de la Maison natale, la Fondation Charles de Gaulle, depuis 2 000, s’est lancée dans un ambitieux projet muséographique visant à faire de ce lieu de mémoire un outil dynamique inséré dans le paysage culturel régional et européen.



Consciente des contraintes liées au classement de la maison comme monument historique, la Fondation Charles de Gaulle décide d’associer les compétences d’un architecte, d’un scénographe et d’un historien spécialiste de la valorisation du patrimoine. En 1999 l’équipe composée d’Etienne Sintive pour l’architecture, de Marie-Laure Mehl pour la conception scénographique et muséographique et de Michel Borjon pour la conception et la programmation muséologique estime qu’il est nécessaire que la Maison natale ne s’en tienne pas au concept classique du lieu de mémoire mais qu’elle soit également un lieu de culture et d’échanges.



Etienne Sintive :  « En terme d’architecture, il fallait réhabiliter ces lieux. Assainir la maison dans un premier temps, car elle n’était pas forcément en bon état, puis la restaurer et lui rendre son éclat. Très vite, s’est posée la question de l’extension afin de  satisfaire aux exigences du programme. Une première série de plans avec un diagnostic sur ce qu’il était possible de faire a été réalisée. Il y avait une contrainte importante puisque la maison est classée monument historique. Nous avons budgété cette première analyse et la notion de tranches est vite apparue, dans la mesure où nous nous sommes rendu compte que nous ne pourrions pas tout réaliser en une fois. »

Michel Borjon : « Il s’agissait pour nous, d’une part d’améliorer, de valoriser ce qui avait été fait en créant un parcours et des ‘‘sas d’interprétation’’ et, d’autre part, de répondre à un certain nombre de besoins qui étaient essentiellement l’accueil et la mise en place d’un lieu d’exposition associé à la maison. Nous étions conscients de l’exiguïté du site mais nous voulions tout de même tenter d’en faire un lieu de découverte ouvert sur le monde. Les nouvelles technologies nous ont alors permis de ‘‘repousser les murs’’ ».

Marie-Laure Mehl : Nous avions donc à mettre en scène un lieu comportant à la fois de l’évocation, de l’explication historique, des outils ressources et pédagogiques et de l’exposition temporaire. C’était une sorte de panier ‘‘exporalo-culturel’’ permettant de répondre aux attentes de publics très variés. J’étais très intéressée par l’idée de ne pas intervenir sur les pièces de la maison mais de les enrichir et par les trois axes du projet : on n’abordait pas l’action du général de Gaulle puisqu’il y avait d’autres lieux pour le faire, on gardait l’idée d’évocation des pièces nobles en allant chercher trois petits lieux non occupés de la maison pour raconter ces pièces nobles et surtout on créait un outil ressources. Cela m’intéressait beaucoup de combiner modernité, patrimoine et nouvelles technologies.

Michel Borjon : Nous avons donc proposé un parcours très structuré en individualisant trois éléments forts :
- la visite de la maison avec un discours sur la jeunesse de De Gaulle à l’intérieur qui était en opposition avec le lieu de mémoire, puisque nous jouions sur l’ambiance XIXe siècle de la maison et un discours moderne ;
- l’élément de l’aide droite avec l’accueil et l’exposition temporaire sur deux niveaux
- l’élément du fond de cour, la « Fabrique d’histoire » où l’on regroupe les deux fonctions précédentes : un lieu d’accueil « au fil de l’histoire » retraçant l’itinéraire de Charles de Gaulle, le forum, lieu de discussions et de lecture où on placera la thématique des écrits et de la parole de De Gaulle, le centre de ressources avec la bibliothèque et la documentation et enfin la salle pédagogique au-dessus.