Le parti-pris architectural

Par Jacques Millet et Jean-Côme Chilou, architectes

Le projet de Mémorial dédié à la vie et à l’œuvre du général De gaulle s’inscrit dans un parcours de mémoire, existant à Colombey-les-Deux-Églises.

Ce projet trouve sa place, au pied de la Croix de Lorraine, à moins de 500 m de la tombe du général de Gaulle, et de sa maison de famille de La Boisserie. L’intimité du lieu constitue l’enjeu principal du projet qui s’inscrit dans ce paysage sans le perturber.

La Croix de Lorraine, pose sa verticalité sur la colline boisée dite de « la   montagne ». Cette colline constitue le socle monumental où s’inscrit le projet. L’écrin de verdure qui la coiffe dessine les limites d’implantation du Mémorial. L’esprit du lieu passe par le respect de ses lignes de forces, les paysages grandioses entretiennent l’ambiance solennelle propice à l’évocation de la vie du général de Gaulle.

En franchissant la lisière, le visiteur passe le seuil du nouvel équipement. Un escalier majestueux joignant le pied de la croix magnifie l’ascension et inscrit le visiteur dans un parcours de découverte. Le volume dominant du musée s’adresse à cet escalier qui définit l’axe d’implantation. Il s’ancre profondément dans la colline pour inscrire le parcours muséal dans l’ascension entre la lisière et le pied de la Croix de Lorraine. Son fronton s’aligne avec la lisière, constituant une fenêtre sur le paysage. Sa proportion est précisément déterminée par la pente. Son toit règne avec l’altimétrie du pied de la croix.

Développé sur trois niveaux, le musée s’imagine comme une succession de séquences. Le rez-de-chaussée est un vaste hall qui accompagne le visiteur vers l’intérieur. Cette invitation est accentuée au fond du rez-de-chaussée par un large volume sous verrière, constituant un appel de lumière.

Baigné dans cette lumière, un ascenseur panoramique conduit alternativement vers le départ de l’exposition, ou vers le pied de la croix. Les deux étages supérieurs hébergent les espaces muséographiques. Les deux niveaux supérieurs d’exposition permanente s’implantent à mi-pente de la « montagne ».

Intimes ou majestueux, les volumes scénographiques s’inscrivent dans un rapport permanent aux paysages qui ont tant inspiré le général de Gaulle.
Perpendiculairement à cet axe de vue, générateur du musée, s’inscrit le bâtiment d’accompagnement. Alors que le bâtiment muséal attaque la pente, le bâtiment d’accueil l’épouse. Il suit les courbes de niveau de la colline et abrite les services d’accompagnement : accueil des groupes, buvette, syndicat d’initiative, logistique et amphithéâtre. L’étage, implanté dans la pente, héberge la structure de gestion de l’équipement. L’intersection entre les 2 corps de bâtiments, muséal et de service, assure la proximité des usages pour favoriser la vie d’un nouveau lieu d’histoire.