EDITORIAL PAR
ANTOINE DUPONT-FAUVILLE

Les témoignages sont venus des responsables au niveau le plus élevé comme des simples combattants de l’intérieur et de l’extérieur, et ils ont porté aussi bien sur la libération de Paris et celle de la Bretagne, que sur les maquis de Provence, les combats du Vercors, la marche de la 2ème D.B. Les documents... D.B.

 

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Editorial

Mais comme le général de Gaulle l'a dit, la libération fut l'œuvre commune des Français. Et comme nous vous l'avions dit dans la premier numéro de cette année, nous avons voulu faire apparaître, à travers témoignages et documents, le rôle joué par ceux ou celles qui se trouvaient alors à tous les niveaux de responsabilités, des plus élevées aux plus humbles, des plus notoires au plus obscures. Et c'est ce que nous faisons encore une fois.
Ainsi trouvera-t-on ici le texte jamais publié jusqu'à maintenant et capital pour l'histoire, du rapport rédigé, corrigé et transmis au général de Gaulle, de celui qu'il avait nommé chef des Forces françaises de l'Intérieur : le général Koenig. On verra par là combien sont vains et même absurdes les schématismes et les simplifications issus de querelles partisanes ultérieures qui ont si souvent opposé les partisans ou adversaires de telle ou telle forme d'action et d'insurrection. Les événements, les situations différentes des régions de France, les exigences successives - parfois contradictoires mais compréhensibles - du commandement allié, et surtout le rythme des opérations, dictaient évidemment ce qu'il fallait faire. Mais le but n'a pas varié : que la libération du pays se traduise instantanément par l'établissement du pouvoir français, tel qu'il avait été prévu par le gouvernement d'Alger dirigé par le général de Gaulle, ce qui impliquait qu'une insurrection, sous quelque forme que ce soit, accompagne l'avancée des armées alliées, et s'étende aussi, naturellement, hors de leur zone d'action. Sur cet épisode essentiel, rien ne pouvait être plus important que le témoignage de Jean Morin, collaborateur direct de la présidence du CNR et de la Délégation générale du gouvernement en France occupée : il nous a apporté ici ce témoignage pour la première fois, que complètent les document qu'il a bien voulu nous confier.
Ceux qui ont mis en œuvre sur le terrain les décisions préparées ont été, pour une grande part, les commissaires de la République, nommés par le gouvernement sur proposition de la direction clandestine de la Résistance intérieure. Que leurs noms, pour la plupart, et leur action soient peu connus de la majorité des Français était une raison de plus pour en parler : nous avons donc choisi de publier ce qui pouvait le mieux en témoigner, les premiers rapports qu'ils ont adressé au gouvernement de la France libérée.
Mais la libération, jusqu'au bout, fut un combat mené les armes à la main : c'est ce que rappelle la dernière partie, publiée ici, du « colonel Legrand » - le futur général de Lassus Saint-Genies - et qui évoque, vu par ceux qui l'ont vécu, le combat qu'ont mené les hommes et les femmes restés presque toujours anonymes autour du massif du Vercors.