© Crédit photographique : Élysée, Présidence de la République

La commémoration de l’Appel du 18 juin 1940 a été cette année l’occasion de nombreuses cérémonies auxquelles la Fondation Charles de Gaulle a pris part, non seulement en France mais aussi dans plusieurs pays amis, notamment au Royaume Uni et aux États-Unis.

Le Président du Sénat, M. Gérard Larcher a, ainsi, conduit à Londres les membres de l’Amicale gaulliste du Sénat où ils ont visité Carlton Gardens et rendu hommage au général de Gaulle lors d’une cérémonie qui a réuni un large public anglais et français.

Allocution de Gérard Larcher, président du Sénat, Londres, 18 juin 2023

Madame l’Ambassadrice,
Monsieur le Consul,
Monsieur le Président de l’Amicale gaulliste du Sénat,
Mes chers collègues, députés et sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Conseillers de l’Assemblée des Français de l’Étranger établis hors de France et délégués consulaires
Amiral,
Messieurs les Officiers et Sous-officiers,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’association,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’établissement
Chers élèves,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d’être ici à Londres, à Carlton Gardens, pour célébrer avec les sénateurs et anciens sénateurs de l’Amicale gaulliste du Sénat, le 83ème anniversaire de l’Appel du 18 juin.

Il y a 83 ans, alors que tout semblait perdu pour notre pays, et que, sur les ondes de la radio nationale, se répandait la voix de la soumission, une autre voix, celle d’un Général, exprimait depuis Londres, sa volonté de poursuivre le combat.

Cette voix, c’était la voix de la France, la voix de la légitimité, la voix de l’honneur !

C’était la voix du refus du renoncement qui a ponctué notre Histoire. Ce refus qui, de Jeanne d’Arc à Gambetta, et de Clemenceau à de Gaulle, est la marque de la France !

Alors que la défaite militaire était consommée, que ses conséquences semblaient irréversibles pour notre pays, l’Appel du 18 juin est un formidable acte de foi dans le destin singulier de la France.

Au-delà de son audace incroyable, il prophétisait l’élargissement de cette guerre et un conflit mondial qui allait opposer le totalitarisme aux forces de la liberté.

« Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis » déclarait le Général, ce 18 juin.

Dès lors se trouver à ses côtés à Londres, c’était « se ranger du côté de l’Histoire de France » écrira Georges Bernanos.

Cet appel que nous célébrons est devenu un symbole, celui de l’esprit de la Résistance, celui du refus de la fatalité !

Dès lors, la France Libre commença à lutter.

Dès lors dans l’ombre, les résistants défendirent les valeurs les plus précieuses de notre civilisation !

Dans l’ombre, des milliers de femmes et d’hommes, en choisissant la voie du courage et au péril de leur vie, redonnèrent à la France sa dignité et sa place parmi les grandes Nations !

Dans son appel sur les ondes, Charles de Gaulle lançait ces mots que nous connaissons tous et que nous allons réentendre : « L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. »

À l’image des pêcheurs de l’île de Sein, des milliers de femmes et d’hommes partiront le rejoindre.

Les Français libres rencontreront l’incompréhension, la méfiance, le désaveu. Ils subiront les dénonciations, l’emprisonnement, la torture, souvent hélas la mort.

Sur les champs de bataille, aux côtés de nos Alliés, ils offriront bientôt à la France ses premiers succès. À Bir Hakeim, à El Alamein, avec une audace et un héroïsme magnifiques, aux côtés du Général Leclerc, ils redonneront à nos armes le goût de la victoire.

Dans la France occupée, des femmes et des hommes de tous horizons, de toutes opinions, choisiront l’action clandestine avec un admirable courage, aux limites de l’inconscience.

Les uns et les autres n’avaient qu’un seul objectif se rassembler derrière le général de Gaulle, le chef de la France combattante, pour participer à la Libération du territoire.

Il y a 80 ans, la création du Conseil national de de Résistance fut la suite logique de la dernière rencontre entre Jean Moulin et le Général de Gaulle dans sa maison d’Hampstead à Londres en février 1943.

À ce moment précis, le Général de Gaulle confia à Jean Moulin la mission d’unifier la Résistance, qui n’était encore que ce « désordre de courage » qu’évoquera, vingt ans plus tard, André Malraux. Il s’agissait, comme le dit Jean Moulin lui-même, de constituer « ces troupes, prêtes aux sacrifices mais éparses et anarchiques, en une armée cohérente ».

C’est grâce à cette unité entre la Résistance extérieure et la Résistance intérieure, grâce à cette action conjuguée avec celle de notre Empire entré massivement dans le combat, comme l’avait prédit le Général de Gaulle, que la France retrouvera, le 8 mai 1945, sa place et son rang parmi les Nations, et notre peuple sa liberté.

Mais si la France retrouve son rang, c’est aussi parce que les vainqueurs n’ont pas oublié le sacrifice des poilus de 14-18 et l’écrasant tribut payé par la France au cours du premier conflit mondial.

L’Appel du 18 juin est un de ces événements rares qui marquent à tout jamais l’histoire d’une Nation. Acte de résistance à l’oppression, il est refondateur de la République.

Alors que la France est confrontée aujourd’hui aux difficultés de son adaptation à un monde qui change sans cesse, alors que la France semble tentée de céder au renoncement, l’Appel du 18 juin est un formidable appel à la foi en nous-mêmes, en notre destin, en notre patrie.

Il nous dit que le combat n’est jamais perdu d’avance. Il nous enseigne que nous pouvons trouver en nous-mêmes les forces du sursaut.

Il nous incite également à suivre la voie que nous avons choisie, sans nous laisser abattre par l’adversité.

Il nous dit que la France vivra, forte et généreuse, tant qu’elle sera déterminée à défendre, quoi qu’il en coûte, ses valeurs universelles, ses belles valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Il nous dit, enfin, qu’aujourd’hui, seule l’unité nationale permettra à notre pays de renouer avec l’espérance.

Lorsque l’on demandait à Romain Gary (né à Vilnius et passa son enfance à Moscou), s’il se sentait russe ou français, il répondait : « ma patrie c’est la France libre ! »

C’est cette France Libre et toujours libre que nous célébrons en ce 18 juin,

Vive la République ! Vive la France !
Vive le Royaume-Uni !

Au même moment, Hervé Gaymard, président de la Fondation Charles de Gaulle, inaugurait à Colombey-les-Deux-Églises en compagnie de Jean-Paul Grasset, président de l’Association nationale des Amis de Jean Moulin, une très intéressante exposition qui rend hommage à Jean Moulin et à son rôle éminent au sein du Conseil national de la Résistance en confiante concertation avec le général de Gaulle.

Allocution de Jean-Paul Grasset, président de l’Association nationale des Amis de Jean Moulin, Colombey-les-Deux-Églises, 18 juin 2023

Madame la Préfète,
Monsieur le Recteur,
Monsieur le Président du Mémorial,
Monsieur le Directeur du Mémorial,
Monsieur le Président de la Fondation Charles de Gaulle,
Messieurs les Inspecteurs d’Académie, Inspecteurs pédagogiques régionaux d’Histoire-Géographie,
Mmes et M. les Présidents d’Association,
Mmes et M. les Elus,
Mmes et M. les enseignants,
Mmes et M.,

Permettez-moi tout d’abord de dire que c’est avec honneur et émotion que je participe aujourd’hui à l’inauguration de l’exposition Jean Moulin au Mémorial Charles de Gaulle à Colombey. Car c’est la rencontre en ce lieu si particulier de deux hommes – de Gaulle et Jean Moulin – qui ont joué un rôle éminent dans notre histoire et la rencontre aussi de plusieurs institutions qui ont pour objectif de conserver leur mémoire et de faire vivre les valeurs qui les ont soutenus et qu’ils ont défendu.

L’idée de cette exposition est née ici, au pied de la Croix de Lorraine, le 9 novembre 2021. L’Association nationale des Amis de Jean Moulin, que j’ai l’honneur de présider, avait signé quelques mois auparavant une Convention comme membre associé avec la Fondation Charles de Gaulle. L’année 2023 se profilait à l’horizon. 2023 : le quatre-vingtième anniversaire de la création du CNR mais aussi le quatre-vingtième anniversaire du martyr et de la mort de Jean Moulin. Quoi de plus naturel que d’organiser une exposition consacrée à Jean Moulin dans ce Mémorial consacré à de Gaulle. Et l’idée a fait son chemin : elle a reçu l’assentiment des responsables du Mémorial, de son conseil scientifique et de la Fondation. Tous les acteurs se sont mis au travail et l’exposition a pu être montée. Nous l’inaugurons aujourd’hui. Et je tiens à remercier tous celles et ceux qui ont agi pour nous le permettre : les responsables et les employés du Mémorial, les professeurs du service éducatif, et tous les partenaires qui ont prêté leur concours à sa réalisation.

De Gaulle et Jean Moulin. En apparence, en 1941, quand ils se rencontrent pour la première fois, tout semble les opposer. De Gaulle, un homme du nord, un catholique de tradition monarchique, un général. Moulin, un provençal, athée et profondément républicain, haut-fonctionnaire ambitieux et croquant la vie à pleine dent. Et pourtant, immédiatement, ils se sont compris. De Gaulle a vu en Moulin le préfet aux vastes compétences et aux grandes qualités personnelles, qui lui apportait un précieux rapport sur une résistance qui commençait à émerger en France et dont il ignorait tout. Moulin a aussitôt vu en de Gaulle la seule personne capable de restaurer la République et la démocratie. Et surtout, tous les deux, avaient de par leur formation et leur expérience certes différentes, un grand sens de l’Etat. Peut-être ne mettaient-ils pas sous ce mot Etat tout à fait le même contenu ; pour de Gaulle, c’était surtout la Nation. Pour Jean Moulin plutôt la République. Mais par-delà ces différences, ils avaient le même but : libérer le territoire et restaurer la nation républicaine.

Je n’entrerai pas dans les détails de la mission de Jean Moulin, délégué national du général de Gaulle en France. L’exposition l’expose admirablement. Je soulignerai seulement que malgré les dangers et les difficultés, venus tant de l’occupant et du gouvernement de Vichy que parfois des mouvements de résistance eux-mêmes qui souhaitaient garder une certaine liberté d’action, Jean Moulin est parvenu à réaliser en moins de 18 mois les deux missions que le général de Gaulle lui avait confiées : organiser et unifier la Résistance sous son autorité.

C’est ce qui a permis au général de Gaulle d’être reconnu par les Alliés comme le seul représentant de la France ; c’est ce qui a permis à la France de participer aux combats et d’être dans le camp des vainqueurs ; c’est ce qui lui a aussi permis d’éviter, une fois le territoire libéré, les affres d’une guerre civile.

Malheureusement Jean Moulin ne verra pas les effets de son action. Arrêté à Caluire le 21 juin 1943, torturé par Klaus Barbie, il ne parlera pas, il ne dira rien, lui qui savait tout, faisant ainsi du silence à la fois une valeur et une vertu. Et 20 ans plus tard, la France, à l’initiative du général de Gaulle, lui rendra un hommage solennel en faisant entrer ses cendres au Panthéon.

Pour conclure, je me permettrai de citer ce que le général de Gaulle dit de Jean Moulin dans ses Mémoires.

« Pétri de la même pâte(…) rempli de la passion de la France (…) pénétré du sentiment que l’Etat s’incorporait dans la France Libre (…) homme de foi et de calcul (…) ne doutant de rien et se méfiant de tout (…) apôtre en même temps que ministre (…) il aspirait à de grandes entreprises ».

Le 83e anniversaire de l’Appel du 18 juin 1940 à Colombey-les-Deux-Églises

Les 83 ans de l’Appel du 18 juin 1940 ont été commémorés ce week-end à Colombey-les-Deux-Églises devant la Croix de Lorraine de 44 mètres. Inaugurée 32 ans après l’Appel, elle est le symbole évident de De Gaulle et de la période de résistance. Aux côtés des autorités civiles et militaires, la Fondation Charles de Gaulle était présente pour cet évènement mémoriel.

« Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu’il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. »

Cérémonie officielle

Après un passage à la mairie de Colombey, la délégation menée par la préfète de Haute-Marne Anne Cornet, s’est rendue sur la tombe du Général pour un recueil et dépôt de gerbes. En mémoire de l’Homme du 18 juin, 3 gerbes ont été déposées au nom du président de la République et des présidents des chambres.

La cérémonie s’est poursuivie au pied de la Croix de Lorraine. Ouverte par le passage de deux rafales à quelques mètres du sommet, les autorités militaires présentes ont officialisé cette cérémonie. Entre émotion et solennité, des élèves de CM2 de l’école de La Pommeraie-Les Sapins ont récité un poème, qu’ils ont eux-mêmes rédigés :

RESISTER

RESISTER, ne jamais baisser les bras,
Pour retrouver la LIBERTE !
Continuer le combat,
Un combat pour se libérer
Des idées barbares et inhumaines.
Refuser de suivre des idées imposées,
Rejeter la malveillance et la haine
Pour vivre dans un pays en paix.
_

RESISTER, c’est refuser l’armistice !
C’est rassembler des forces et de la ténacité
Pour vaincre le S.T.O. et la milice
Et délivrer la France occupée.
_

C’était il y a 83 ans.
C’était le message pour tous les résistants.
Le 18 juin, Charles de GAULLE appelait à résister
Pour, un jour, revivre dans un pays de LIBERTE.
_

Et nous, enfants,
Sur les bancs de l’école, j’apprends
Les mots LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.
Nous apprenons à ne pas être soumis, ni influencé(e)
A faire preuve de discernement et d’amitié
Pour qu’aujourd’hui et demain,
Nous suivions toujours le meilleur chemin
Bordé de respect, de tolérance et de LIBERTE…

Après une brève intervention de la préfète, un dépôt de gerbes a été effectué par Hervé Gaymard, président de la Fondation Charles de Gaulle, et Nicolas Lacroix, président du mémorial Charles de Gaulle. Les porte-drapeaux, ainsi que la délégation du SNU présente, ont rendu la cérémonie d’autant plus mémorable et sculpturale.

Vernissage de l’exposition « Jean Moulin »

Le Mémorial Charles de Gaulle de Colombey-les-Deux-Églises propose une exposition-événement « Jean Moulin » du 1er juin au 15 novembre 2023. Ce week-end de commémoration a été marqué par le vernissage de cette exposition, d’un intérêt des plus complets, mené par la mise en exposition unique et impressionnante de la table de la première réunion du Conseil national de la Résistance. Quatre-vingts ans après sa mort, cette exposition lui rend hommage.

La Fondation Charles de Gaulle tient à remercier tous les participants qui, par leur présence nombreuse et leur enthousiasme, ont contribué à la réussite de ces belles rencontres de Colombey.

De son côté, le vice-président de la Fondation a participé, le 17 juin, à la cérémonie annuelle organisée au Panthéon sous la présidence de Mme Patricia Mirallès, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée des anciens combattants, à la mémoire de Jean Moulin.

Le dimanche 18 juin, le vice-président a ensuite représenté la Fondation à la cérémonie présidée au Mont Valérien par le Président de la République en hommage au général de Gaulle et aux forces de la France Libre et de la Résistance, puis il s’est rendu aux Champs Elysées pour prendre la parole devant la statue du Général de Gaulle à l’occasion de la cérémonie organisée par la Maire du 8e arrondissement, Mme Jeanne d’Hautesserre en hommage à l’auteur de l’Appel du 18 juin.

Allocution de Jean-Marie Dedeyan, vice-président de la Fondation Charles de Gaulle, prononcée devant la statue du Général érigée sur les Champs-Élysées, 18 juin 2023

En ce 18 juin 2023, en France et un peu partout dans le monde, notamment en Afrique mais aussi dans d’autres régions ultra-marines, des hommes et des femmes se réunissent pour honorer le souvenir de l’Appel lancé courageusement de Londres par le Général de Gaulle le 18 juin 1940. Un appel historique au rassemblement contre le défaitisme et l’asservissement.

À l’hommage au Général de Gaulle qui nous réunit 83 ans plus tard, nous associons les hommes et les femmes qui l’ont rejoint, ceux qui ont combattu à ses côtés comme ceux de l’armée des ombres, résistants et résistantes dans la France occupée, dont le courage et l’obstination furent décisifs dans la longue épreuve à laquelle notre nation a été confrontée. Rendant hommage au courage des résistants, le Président de la République vient d’ailleurs d’annoncer la prochaine entrée au Panthéon de Missak Manoukian dont l’héroisme mérite notre reconnaissance.

Il convient d’associer aussi à notre souvenir les valeureux combattants des pays de l’ex Afrique équatoriale française, Tchad, Cameroun, Gabon, l’Oubangui-Chari devenu RCA et, tout particulièrement, le Congo, dont le ralliement à la France Libre dès le mois d’août 1940 a été essentiel pendant les dures années de combat pour la libération de notre pays et dont la capitale Brazzaville a été la capitale administrative de la France Libre dès octobre 1940.

C’est également à Brazzaville, que le général de Gaulle réunit, du 30 janvier au 8 février 1944, la Conférence de Brazzaville. Il y prononce un discours dans lequel, évoquant les relations entre la France et les colonies africaines après la seconde guerre mondiale, il mentionne pour la première fois la perspective d’une émancipation des peuples africains, prélude à l’indépendance et à l’engagement de la France dans la voie de relations nouvelles et d’une coopération résolue avec l’Afrique.

Le Gaullisme, chacun le sait, c’est d’abord une histoire. L’histoire d’un homme et de ses compagnons qui refusent la défaite, s’opposent au renoncement du régime de Vichy et décident de combattre pour défendre une certaine idée de la France forgée par des siècles d’histoire, une conception de la souveraineté, un refus de l’asservissement et une volonté farouche de permettre au peuple français de continuer librement à écrire sa propre histoire au lieu de la laisser écrire par d’autres.

Le Gaullisme n’est ni une religion, ni une doctrine. C’est une conception murie et pragmatique de l’action, dans le souci constant de l’intérêt supérieur du Pays.

Cette approche repose à la fois sur des réalités historiques, culturelles, démographiques et géographiques, sur des valeurs philosophiques, sur une prise en compte réfléchie des circonstances et des réalités, et sur une capacité d’application dont les principes demeurent, mais dont la traduction opérationnelle est fonction des circonstances.

À un moment où le monde fait face à un conflit préoccupant aux frontières de l’Europe, à des mutations qui interrogent, interpellent et fragilisent les équilibres, à des rivalités génératrices de tensions préoccupantes, à des défis technologiques source d’enjeux nouveaux de souveraineté, la pensée du général de Gaulle, son pragmatisme face aux situations les plus difficiles et à des acteurs imprévisibles, constituent, n’en doutons pas, une source d’inspiration pour tous ceux qui entendent demeurer fiers de leur Pays.

Oui, à l’évidence le monde est en train de changer. La crainte est à la fois identitaire, culturelle, sociale est territoriale. Et lorsque la crainte se transforme en angoisse, la guerre est une tentation dans plusieurs régions du monde. Dès lors, pour ne pas y succomber, il faut consentir à l’effort.

Oui, la paix est faite d’efforts et ces efforts nécessitent courage, persévérance, force de ne pas céder aux instincts de confrontation belliqueuse, et acceptation de tempéraments, de cultures et d’intérêts qui ne sont pas toujours compatibles mais dont il faut rechercher la complémentarité dans le dialogue pour ne pas céder à la tentation d’un affrontement destructeur.

Et si les déséquilibres actuels sont porteurs de risques, ils sont aussi porteurs d’opportunités qu’il nous faut bien cerner pour les ajuster à notre vision de l’avenir afin de déterminer des objectifs et des actes permettant à la France de demeurer un pays, respecté et écouté, capable d’être pour les générations actuelles et les générations futures une ambition forte et partagée, à la hauteur de son histoire, de son rang et de son destin.

De Gaulle n’a jamais cessé de combattre le populisme et le racisme, de promouvoir la solidarité nationale, de conjuguer liberté économique et progrès social, d’encourager la participation, de rechercher l’intérêt de la France dans le constant souci de son indépendance et de sa position en Europe et sur la scène internationale.

L’homme du 18 juin a su inciter les Françaises et les Français à s’émanciper des circonstances et des contraintes pour résister et dépasser les situations accablantes. N’en déplaise à ses détracteurs, le nom, la pensée, l’action, la personnalité du général de Gaulle doivent continuer à servir d’exemple aux plus jeunes, quelle que soit leur origine.

Votre présence ici le montre, l’histoire forge les hommes et pour que la France demeure un grand pays, il faut non seulement développer l’enseignement de l’histoire du XXe siècle vers les jeunes mais aussi, comme vient de le souligner Mme d’Hauteserre, maire du 8e arrondissement de Paris et organisatrice de cette cérémonie,  susciter chez les générations présentes et futures une ambition forte et partagée…

Car, nul ne peut en douter, c’est aux générations qui nous suivent qu’il appartiendra d’œuvrer à leur tour pour l’avenir de notre Pays en continuant à inscrire son développement, ses espérances et l’épanouissement de ses enfants dans la longue histoire qui, au fil des siècles, a façonné sa grandeur et son rayonnement.

Être gaulliste aujourd’hui, ce n’est donc pas être nostalgique. C’est, au contraire, agir sans renoncer pour maintenir vivante et transmettre une certaine idée de la France, de l’Etat, de la Nation, de la République et du Bien public, afin d’éclairer et d’élever non seulement la pensée mais aussi l’action future des jeunes générations face aux réalités et aux défis du XXIe siècle.

À l’occasion de cet anniversaire historique, l’ambassade de France aux États-Unis a présenté à un public de 400 invités particulièrement intéressés l’exposition De Gaulle-Eisenhower organisée il y a deux ans aux Invalides par la Fondation Charles de Gaulle à la satisfaction de plusieurs milliers de visiteurs. Cette exposition sera prochainement présentée dans d’autres villes américaines.

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